Portes tournantes est une série documentaire audio qui s’intéresse à la réalité des personnes qui vivent avec des troubles de santé mentale et qui sont accusées à répétition devant les tribunaux. Ces personnes, essentiellement malades, se retrouvent en détention sans recevoir de soins psychiatriques, et récidivent sans cesse. Cette situation les empêche de se reconstruire une vie. Ce phénomène systémique c’est le « syndrome des portes tournantes ».
Le projet, une série documentaire audio d’une dizaine d’épisodes de 20 à 30 minutes chacun, je présente l’histoire de Éric (47 ans) qui vit des difficultés sur les plans de la santé mentale et de la toxicomanie. Depuis les 25 dernières années, sa vie est une alternance entre des périodes de détention et de courts séjours en liberté. En cours de route, je fais aussi la connaissance d’autres personnes, qui luttent dans les portes tournantes. En suivant leurs parcours, je rencontre également des membres de leur famille et des acteurs du système comme des policiers, des avocats, des juges, des psychiatres, des infirmiers, des travailleurs sociaux et des intervenants qui œuvrent dans différents organismes.
Au gré de ces rencontres, j’essaie de comprendre pourquoi la société n’a quasiment rien de plus à offrir que la prison à répétition aux Érics de ce monde. Et surtout, je cherche les solutions: comment sortir des portes tournantes?
J’ai choisi l’audio comme véhicule pour son intimité et l’anonymat qu’il procure. Le sujet auquel je m’intéresse est délicat et je veux donner toute la liberté aux protagonistes de s’exprimer. L’audio facilite l’accès aux lieux et l’absence de caméra favorise les confidences des protagonistes qui ont tôt fait d’oublier le micro.
Au sortir d’une carrière de procureur de la couronne, d’avocat de la défense et de journaliste-photographe judiciaire, après avoir passé des centaines d’heures en salle d’audience à observer des justiciables désemparés, j’ai réalisé que le commun des mortels ne connaît presque rien aux règles qui le gouvernent.
Aujourd’hui, je veux braquer le projecteur sur un phénomène qui me préoccupe depuis de nombreuses années tout en donnant libre cours à ma liberté de documentariste.