Épisodes 08 et 09 Les portes du palais

Je me suis (presque) gardé les tribunaux spécialisés en santé mentale pour le dessert. Pourtant c’est là que j’ai commencé ma recherche pour ce projet. Déjà en 2018, j’ai commencé à faire de l’observation au Programme d’accompagnement justice-santé mentale (PAJ-SM) de la Cour Municipale de Montréal, le premier du genre créé au Québec en 2008.

En cours de route, j’ai choisi de m’intéresser au PAJ-SM de la Cour du Québec à Sherbrooke où on m’a accueilli les bras ouverts. Le PAJ-SM de Sherbrooke existe depuis 2018. Dans les épisodes 8 et 9 j’ai fait le tour du fonctionnement de ce tribunal mais il y aurait encore beaucoup à dire. Pour approfondir davantage les tenants et aboutissants du fonctionnement de ce tribunal, on peut consulter le rapport d’implantation, intitulé: “Projet d’évaluation de l’implantation du programme d’accompagnement à la justice en santé mentale à Sherbrooke” (2021). En près de 90 pages, l’étude explique, questionne et analyse le PAJ-SM sous toutes ses coutures. Franchement très intéressant. 

Dans l’épisode j’aborde aussi la question de la détresse chez les avocats. Ces chiffres proviennent d’une étude de 2019 présentée par l’Université de Sherbrooke et réalisée en partenariat avec le Barreau du Québec.

En voici quelques extraits pertinents::

“[…] les proportions de détresse sont significativement plus élevées chez les jeunes praticien(ne)s ayant 10 ans ou moins de pratique (49,9 %) comparativement à celles observées chez les praticien(ne)s plus expérimentés (36,7 %). En croisant l’expérience des participant(e)s avec différents niveaux de détresse, il s’avère que les jeunes hommes sont proportionnellement plus nombreux à vivre une détresse très importante.

Au global, la proportion de détresse psychologique observée est supérieure chez les femmes (44,2 %) comparativement aux hommes (39 %). Bien que cette différence ne soit pas significative au plan statistique, on peut néanmoins parler d’une tendance (p = 0.058). Notons également que les femmes sont plus nombreuses à se concentrer dans un niveau de détresse « important » comparativement aux hommes et cette différence est significative.

[…]

Sur le plan de la détresse psychologique, des différences significatives furent également observées selon le champ de pratique alors que les avocat(e)s exerçant en « droit des affaires, commercial et corporatif » (49,4 %), en « droit de la famille » (49,1 %) et en « litige » (51,5 %) sont les avocat(e)s qui sont les plus exposé(e)s à la détresse psychologique avec des proportions de détresse avoisinant les 50 % pour ces différents champs comparativement aux autres champs.”

Par ailleurs, en toile fond de la problématique des portes tournantes, on trouve la question du manque de ressources disponibles sur le plan médical, social, communautaire et psychologique pour venir en aide aux personnes en détresse. Cette problématique, tous les acteurs du milieu de la justice pénale y sont confrontés et tous m’en ont parlé. Je dois avouer que même si cette problématique de sous-financement est au cœur des portes tournantes, je n’ai pas approfondi la question. Je vous propose tout de même cette l’étude L’allocation des ressources pour la santé et les services sociaux au Québec : État de la situation et propositions alternatives publiée par l’IRIS en 2017.

L’étude n’analyse spécifiquement la question des soins en santé mentale mais certains chiffres sont révélateurs:

“Les dépenses de santé par habitant au Québec sont les plus faibles parmi les provinces canadiennes.”(p. 03)

Bonne lecture!

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