Épisodes 06 et 07 La porte de l’auto-patrouille

Le sujet des escouades policières spécialisées a fait lui aussi l’objet de plusieurs études et rapports.

D’abord, les chiffres concernant les contacts des personnes qui présentent un trouble de santé mentale ou d’abus de substance avec les policiers sont très nombreux mais souvent contradictoires. Je vous propose donc l’étude de Juristat La santé mentale et les contacts avec la police au Canada, 2012, qui met l’emphase sur le fait que ce type de contacts est plus fréquent avec cette population qu’avec la population en général. Une récente plus récente (2021), produite par la Société Royale Canadienne et intitulée Les limites de ce que nous savons : suivi de l’ampleur et de la portée des interactions entre la police et les personnes atteintes d’une maladie mentale, arrive à la conclusion qu’il est très difficile de brosser un tableau claire de la réalité en cette matière.

Pourtant, en octobre 2020, l’Union des municipalités du Québec dans le cadre de consultations menées par le ministère de la Sécurité publique, a publié un mémoire intitulé: Livre vert sur la réalité policière au Québec. On y apprend que:

“Depuis plus de dix ans, les services policiers sont confrontés à plusieurs nouvelles problématiques. Selon le MSP, le taux de criminalité a diminué de 36 % au cours de la dernière décennie. Malgré tout, les interventions policières sont en nette progression.

De façon générale, on note que les déplacements policiers en lien avec la criminalité ont représenté 30 % du nombre total de déplacements durant l’année 2018, alors que ceux non liés à la criminalité (problèmes de santé mentale, détresse, suicide, schizophrénie, etc.) ont représenté 70 % du total et sont en forte progression. Les policiers doivent donc s’adapter à cette nouvelle réalité, qui actuellement, affecte directement le niveau de service des corps policiers, de même que leur capacité à répondre efficacement aux signalements et à réagir sur le terrain.

Les nouvelles problématiques avec lesquelles les services policiers doivent composer sont en grande partie reliées au désengagement du gouvernement du Québec en regard des services de santé et services sociaux. Ce sont donc les municipalités qui se retrouvent à assumer les conséquences de ce désengagement.” (page 9)

Pour en venir à l’EMIP, dont je parle dans cet épisode, elle a fait l’objet d’une étude d’implantation en 2018: “Évaluation de l’implantation et des effets d’une équipe mobile d’intervention psychosociale (ÉMIP) intervenant auprès de personnes en situation de crise sur le territoire de la Ville de Sherbrooke (2018)”

Une autre étude, au sujet de la police de Montréal est également très intéressante:  « VU » pour vulnérable : la police à l’assaut des problèmes sociaux

Cette étude aborde la notion d’État thérapeuthe. Elle propose un historique du virage qui s’effectue dans le traitement de la criminalité reliée à la santé mentale, en particulier la création des différentes escouades policières existant à Montréal. L’étude remet en question la validité de laisser aux forces de l’ordre la gestion des problèmes sociaux.

Bonne lecture!

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