Les personnes qui sont prises dans les portes tournantes finissent généralement par se retrouver en détention et c’est là que le bât blesse, parce que la détention ajoute souvent une couche de problèmes supplémentaires. L’incarcération déracine la personne de son milieu, elle peut perdre son logement, son emploi, son animal de compagnie et, au moment de sortir de prison, la personne doit tout reconstruire. C’est un défi énorme pour une personne déjà hypothéquée par un trouble de santé mentale. Le risque de retomber dans un nouveau cycle de portes tournantes est alors très grand.
Petite note, on parle de prison, de juridiction provinciale, lorsque la peine de détention infligée par le juge est de moins de 2 ans. Pour les peines de deux ans ou plus, la personne est envoyée dans un pénitencier, de juridiction fédérale.
Voici les plus récentes données sur la population carcérale au provincial et au fédéral.
Il est intéressant de noter qu’aucune de ces deux publications ne mentionne le terme santé mentale. On peut aussi constater que ces documents ne dévoilent que des chiffres. Il n’y a pas d’analyse de ces chiffres. Pour une analyse un peu plus poussé, voir cette étude préparée par l’IRIS: Le profil des personnes judiciarisées au Québec (2021)
Dans l’épisode, on entend aussi le témoignage de Marie-Anne, qui essaie de préparer sa sortie de prison. Parmi les défis qu’elle rencontre, se trouve le respect de son ordonnance de probation.
Il faut noter que les bris d’ordonnances de cour sont le types d’infractions pour lesquelles les gens sont le plus souvent condamnés. C’est un des moteurs des portes tournantes qui joue un rôle important dans le phénomène de la surjudiciarisation des personnes marginalisées, comme celles qui souffrent d’un troubles de santé mentale. Pour ceux que ça intéresse, une recherche étoffée s’est intéressée à cette réalité, par l’angle des conditions qui interdisent certaines zones du centre-ville mais beaucoup de liens peuvent être faits à l’égard d’autres conditions, comme la condition de ne pas consommer d’alcool ou de drogue par exemple: Les conditions géographiques de mise en liberté et de probation et leur impact sur les personnes marginalisées à Montréal (2018)
Bonne lecture!